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29. La guerre peut-elle tuer l'art ?
Le XXe siècle

Quand elle ne tue pas les artistes eux-mêmes, la guerre brise les courants internationaux, émiette les avant-gardes et interrompt presque toute vie artistique. Crises morales et remises en cause esthétiques vont de pair. Comment représenter la réalité de la guerre ? Comment montrer l'irregardable? Peut-on reconstruire après la destruction?

 

Le XXe siècle a été celui des idéologies politiques épuratrices. Il suffit de lire les manifestes produits par les avant-gardes de la première moitié du siècle pour mesurer à quel point les artistes ont absorbé, jusque dans leur démarche artistique, les discours belliqueux de leur temps.

Déclin de l’humanisme et fascination pour la machine caractérisent le paysage artistique au moment de s’abîmer dans les tranchées de la Grande Guerre. Devant l’horreur de la guerre moderne, les nationalistes les plus enthousiastes reviennent traumatisés. Alors que les déserteurs de l’internationale Dada allient satire du machinisme, rejet du rationalisme et dynamitage des valeurs bourgeoises, Otto Dix tend un miroir sans complaisance à la République de Weimar.

La déception européenne devant les fausses promesses de la modernité favorise le retour du classicisme, au détriment des expériences avant-gardistes.

 

Les artistes qui ont accompagné les combats révolutionnaires sont-ils mieux lotis ? Tandis qu’au cours des années 1930, Kasimir Malevitch subit les foudres d’un régime soviétique de plus en plus répressif, l’influence des bras armés du muralisme mexicain s’étend jusqu’aux Etats-Unis.

Les USA et le Mexique voient bientôt débarquer les artistes qui ont réussi à fuir l’Europe. Hitler ouvre la chasse aux « artistes dégénérés », aux communistes et aux juifs. Le largage des deux bombes atomiques et le dévoilement de la Shoah marqueront durablement. L’art est-il possible après Auschwitz ? La fin de Dieu et l’ébranlement de la civilisation occidentale augurés par Antonin Artaud pousse Jean Dubuffet à chercher les sources de l’art avant l’Histoire, en dehors des limites de la culture.

Pendant que les enfants de la Seconde Guerre Mondiale, tels Anselm Kiefer et Christian Boltanski, transforment le musée en lieu de mémoire, depuis leur canapé, les détracteurs de la Guerre du Vietnam assistent à la première « TV War ». La médiatisation sans précédent du conflit renouvelle le regard posé par les artistes sur le devenir spectaculaire de la guerre dans l’horizon plus large de l’impérialisme américain.

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Le Louvre pendant la guerre

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